
Mouhahahahah comme jme la pete avec mes pauv' photos artsy même pas photoshoppé.






Bon je vous avais laissé dans le Max hier. Voici la suite de mes rocambolesques aventures. J’ai beaucoup de petites choses à raconter mais pas trop le temps de tout dire. Je vais abréger.
Donc arrivage à 18h à l’aéroport. Toujours avec tous mes bagages… Je checke les écrans pour savoir si leur avion va arriver bientôt. Pas de nouvelles. De toute façon leurs vols n’arrivent pas avant 20h30 pour le premier. Je patiente, avec l’aide d’un New York Times, seulement un dollar avec tous ses suppléments (bien plus gros que le figaro le WE même avec tous les siens). J’y apprends, entre autre, que Bob Dylan aurait plagié de la prose d’un poète ancien combattant sudiste dans certains lyrics de son dernier album. Sacré Bobby D.
J’attends toujours, les voyageurs se succèdent plus vite que s’égrènent les minutes. Je m’ennuie ferme. Arrive l’heure dite. Et là les ennuies commencent.
Première chose, l’un des deux vols ne s’affiche nulle part sur les écrans des arrivées. Aha, voilà qui est bien embêtant. Je vais demander au comptoir American Airlines, apparemment ils ont fusionnés deux vols (les deux vols par lesquels devaient arriver Freestyler Fredd, Julian le Belge et Rouliane le Barcelonais). Cool, comme ca tout le monde arrivera en même temps.
Deuxième couac, le vol que j’attends prend 30 minutes de retard, ca fait zizir. Je quitte la zone de baggages claim non sans avoir vu auparavant le team Matix et le photographe de skate Reda (celui qu’on voit dans Freedom Fries)
Bon je repère la porte d’arrivé, je me pose devant, j’attends, j’attends, j’attends, enfin les gens sortent du vol. Et là je vois arrivé quelqu’un qui vient me voir, enfin je rencontre l’homme qui écrit tout les articles que je kiffe dans Freestyler : Mr Fredd. Cool, sauf que le vol des deux Julian a purement et simplement été annulé. Nous ne savons pas où ils sont, quelques part entre Portland, Chicago et l’Espagne. Fantastique. Bon les bagages du journaliste au chômage sont quand même là. Direction l’auberge internationale. On demande le chemin à un flic dans l’aéroport, il nous donne l’arrêt de Max équivalent pour chopper la rue. Ok let’s go.
Une fois dans le quartier on tourne, on tourne, il pleut, il fait sombre, nous sommes tout les deux des Français fatigués, paumés, qui empruntent des rues noires tout en parlant très fort dans notre belle langue natale. Un esprit raisonnable aurait un peu peur pour ses sacs contenant l’intégrale des papiers dont il a besoin pour la suite de son voyage. Nous on flippe pas, on se contente de bien rigolé et de mater les spots. On arrive sur NW Glisan Street. On cherche le numéro de la rue 1818, ici c’est le 348. Et la direction croissante va droit dans le fleuve. Diantre. Petite vérification, l’auberge se trouve sur NE Glissan Street, c'est-à-dire loin, loin, de l’autre coté de
Nous passons donc au dessus de ce lieu mythique, sans pour autant pouvoir le voir, le pont n’étant pas transparent. Fredd remarque juste qu’ils ont rajouté un petit spot avec des jersey barrières cimentés à coté du park en béton. Le pont est banal, mais on peut voir toute la skyline de la ville, à l’américaine avec quelques grands buildings et surtout les autres ponts qui sont l’œuvre d’architectes complètement fous. L’un d’entre eux, Steel Bridge est comme son nom l’indique fait de poutrelles d’acier mais dans un style assez monumental. Un autre a deux tabliers superposés qui se divisent une fois sur la rive est en SIX bretelles d’autoroutes qui forme un plat de spaghettis assez incroyable. De l’autre coté du pont après être passé sur l’arrêt de Max de toute à l’heure, moins les junkies qui dorment par terre, on trouve enfin la rue, qui se révèlent être juste à coté de la gare de bus greyhound, et en fin de compte l’auberge on l’on a nos lits réservés dans un dortoir plein de coréennes. Fin d’une journée bien longue.
Le lendematin on retrouve Benoit, proprio de Wall Street à la gare Greyhound, il a fait 18 heures de car, il vient de l’ASR show de San Diego, sorte de giga foire du skate. Premier plan, ptit déj’ ensuite trouver une voiture par cher. Au final (j’abrège, nous nous sommes livrés à une véritable étude de marchés des loueurs de voitures sur Portland) on a le deuxième échelon en partant du bas, sans assurance (trop chère), mais ca fait quand même une putain de sacré grosse bagnole selon les standards français (je rappelle qu’ici
La suite de l’histoire va être raccourcie en quelques chiffres : 160 $ d’amendes pour stationnement pour la voiture des autres, 4 jours sur Porland et les environs Westlynn, Newburg, Donald, 8 jours à bouffer de la junk food dans les taquerias locales, dans les mac do, les supermarchés, les station services (la joie du transit intestinal, nous étiez des fabriques à armes de destruction massives de type gaz toxiques), 5 nuits en motel, 1 nuit sous la tente qui fuit puis dans la voiture avec
Je ne suis pas mécontent de l’avoir fait ce voyage même si ca va me revenir à cheros.
De Medford à Ashland j’ai pris un taxi qui m’a pris trop cher (22$) même si c’était une heure et demi du matin, le chauffeur était sympa les autres ont voulu m’escroque (pas un en dessous de 30$) on a un peu discuté sur la route et on a failli écraser un coyote.
Sinon aujourd’hui j’ai eu mon orientation day, la paperasse en anglais c’est aussi chiant que la paperasse en français, une psy est venu nous parler du « cultural shock », j’ai rencontré tout les autres étudiants étrangers on est 5 français + une québécoise + un gars du Congo RDC. Pas mal de gens sympas, d’autres moins bon contacts, un repas de midi à base de tacos gratos, repas de bienvenue et le soir (enfin de 5 à 7) un repas «indien » organisés par l’assoc des étudiants peaux rouges de ma fac (on dit american natives en langage politiquement correcte, je préfère peau rouge, devinez pourquoi…). On a même eu droit à deux chants traditionnels rythmés par des tambours tout aussi traditionnels, au milieu des pouffes et des freshmen (ces premières années que les anciens s’amusent à repérer de loin et à brocarder). Et lorsque s’élevèrent leurs voix dans l’air frais du soleil couchant, leurs complaintes inarticulées résonnèrent des âmes des dizaines de millions de leurs ancêtres massacrés par les colons.
Ce pays est construit sur un génocide
Tout est plus grand en Amérique.
Bon alors je suis de retour à Ashland. Après une semaine par monts et par vaux en Oregon. Faut que je vous raconte tout ca.
Je suis d’abord allé à Portland. Voyage en Greyhound, les lignes de bus locales. L’avantage, ce n’est pas cher (39$ pour
J’ai choppé le greyhound à Medford. Première chose, dans la gare routière un vieux noir assez sympa discute avec une meuf. Mes oreilles qui trainent entendent qu’il va dans un centre de désintox’. Pour quelle addiction je ne sais pas, mais toujours est il que lui-même non plus ne savait pas trop où il allait. Il a même demandé à la femme avec laquelle il parlait d’appeler son institution pour savoir où c’était. Enfin bon, ce n’est pas grave y a pas mort d’homme, c’est juste une bonne introduction au reste.
Le reste justement. Je m’assoie donc, dans les premiers rangs. Et sur le premier rang à coté de la porte y a une espèce d’américaine bien fat. Jusque là rien d’étonnant, les pauvres ici sont gros vu que la bouffe de merde ne coute pas cher. (Le coca moins cher que le jus de fruit par exemple). Et les choses bizarres commencent. Apparemment elle avait fait amie-amie avec une autre femme, enceinte et avec un gamin. La première a joué tout le temps avec le gamin, bruyamment, a « peek-a-boo » un jeu où on se cache derrière ses mains devant le bébé et on fait booooo…comme ca, pendant des heures. Ca ne serait rien si pendant ce temps, elle n’avait pas un casque sur les oreilles et écoutaient le top 50 des chansons bien tartignolles. Et le pire c’est qu’elle CHANTAIT en même temps. Et faux évidemment, comme tout le monde chante avec un casque sur les oreilles. Elle a donc égratigné tout le répertoire des chansons de divas pop à
Tout ca ne serait rien si en même temps elle n’était pas au téléphone ; pendant SIX heures… Elle a passée TOUT le voyage au téléphone, en raccrochant de temps en temps quand même mais tout de même. Et en plus elle ne parlait pas vraiment au téléphone. Elle chantonnait juste, et de temps en temps racontait jsaispasquoi au téléphone.
Et tout ça ne serait rien si au bout d’un moment elle ne se serait pas mise à pleurer…Comme ca toute seule, sans raison apparente a un moment où elle avait le gamin dans les bras. Donc on a cette meuf, au téléphone, chantonnant mal de la zik pourrave, avec un gamin dans les bras, qui chiale à gros sanglots. Le tableau aurait de quoi émouvoir quelqu’un de normalement constitué un tant soit peu humain. Mais là après 6h de route sur un siège qui te broie le derche, sans place pour les jambes, dans les traffics jams et la météo qui s’annonce orageuse, cette situation s’apparente plus au summum de la torture mentale « guantanamo style ». Mais j’ai été fort, je n’ai pas cédé à la tentation de l’égorger comme une truie et d’énucléer le gamin devant son corps agonissant.
Heureusement qu’il n’y a pas que des cas sociaux dans le bus. J’ai eu la chance d’avoir à coté de moi une jeune fille fort charmante légèrement latino qui lorsqu’elle a vu que je lisais un livre en français a engagé la conversation. Elle avait été pendant un an dans un lycée en France, à Nîmes si mes souvenirs sont bons. C’était sympa de passer un peu de temps à discuter avec quelqu’un. Elle est descendue à Eugene, où elle étudie. Enfin bon.
Je suis arrivé à Portland vers 16h30, sous la pluie, ne sachant pas comment me rendre à l’aéroport où on avait rendez vous avec les autres. J’ai pris mon premier vrai repas américain, un cheese burger, des frites et un coca à la cafét’ des greyhound. Comme dans les films. Une fois sorti, génial il pleut. Je cherche désespérément une carte. Sous la pluie. Je file à la gare, rien, je vais voir au premier arrêt de bus que je trouve, c’est une carte schématique incompréhensible. Je comprends juste qu’il faut que je prenne la ligne « MAX » rouge, direction « airport ». Max est leur tram local. Il a fallu que je trouve l’arrêt le plus proche, juste à quelques blocks d’ici. Le truc c’est que le centre ville, downtown, c’est un peu le coin où cohabitent les jolis magasins et les junkies. Je cours un peu partout, ne m’arrêtant pas quand on me demande des sous, et là je tombe sur burnside street. Je reconnais ce nom. J’y reviendrais plus tard. L’arrêt du max est sous le pont, c’est la foire du junkie mais ils ne sont pas méchants. J’en profite pour passer en coup de vent dans un magasin que je croyais punk mais qui se révèle être un shop de ticheurte fashion /punk donc je repars aussitôt. L’arrêt est sous un pont donc. Je cherche le distributeur de billet. Je demande à une paire de dames bien propres sur elles, elles me répondent en français… Tout le monde parle français en Oregon apparemment. Bref, je suis dans le tromé, avec deux gros sacs, un devant un sur le dos, ma planche, je suis debout, trempé dehors par la pluie et à l’intérieur par la suée que je me suis fait en courant. L’aéroport n’est qu’à 15 minutes du centre ville grâce au tram. Portland a vraiment le meilleur réseau de transport urbain de tout les States (dixit ma colloc’)…
La suite au prochain numéro, j’ai mon orientation day demain je dois me coucher raisonnablement tôt si je veux pouvoir me lever. Je suis allé au barbecue de bienvenue aujourd’hui… Et tout ce que vous avez vu dans les films sur les campus ricains c’est vrai, les pompoms girls sont toutes en tenue et décolorées, les footballeurs sont vraiment des blocs, etc… bientôt les photos.