Lyon, championne d’Europe… de skateboard ?
Il n’y a pas que l’Olympique Lyonnais qui fasse rayonner la capitale des Gaules au niveau européen dans le cadre sportif. La scène skateboard de Lyon et de sa région est elle aussi en train de se hisser au meilleur niveau européen, devant Paris.
S’il ne doit y avoir qu’une seule capitale du skate en France, ce ne peut être que Lyon. En effet les conditions sont réunies pour stimuler la vivacité de ce qui pourrait être rassemblé sous le nom de scène skate lyonnaise : les skateurs forcément, mais aussi le tissu associatif, les skateshops, ou encore les marques locales. Cette société civile du skateboard a, de surcroît, la chance d’avoir à disposition un environnement riche en spots, lieux privilégiés pour la pratique du skate et des skateparks, organisés en partenariat avec la mairie.
Une ville accueillante pour les skateurs.
La ville regorge donc de spots où le mobilier urbain, bancs, escaliers ou rails guide mains, se prête à la pratique du street qui est né, comme son nom l’indique, dans la rue à la fin des années 1980. Avant cette période, pour résumer, le skate était principalement confiné dans des épreuves de slaloms, comme au Trocadéro à Paris, pendant les années 1970 puis dans parks en béton ou des rampes de toutes tailles pendant les années 1980. Les spots les plus connus de Lyon sont, entre autre, la place Louis Pradel, appelée Hôtel de Ville, le quartier de
Autre élément important et présent en nombre à Lyon, les magasins de skate. Ces skateshops servent non seulement de lieux de vente de matières premières pour les skateurs comme les planches, les roues, les habits et chaussures de marques etc. mais encore de relais d’informations. On peut y trouver les cartes des principaux spots à Lyon, des annonces pour des contests, pour des expositions, des concerts ou encore des avant-premières de vidéos. Il y a plus ou moins cinq skateshops à Lyon, presque tous concentrés sur la presqu’île : Addicted, Advice, Ainay Board Shop (ABS), Namasté et enfin Wall Street. Certains ne vendent que des skates, d’autres, en prime, proposent des snowboards, des BMX ou des vêtements plus branchouilles. Chacun sponsorise une équipe dont les membres sont chargés de représenter le shop sur les spots qu’ils fréquentent ou dans leurs interviews dans la presse, tel des hommes-sandwichs. Les vidéos promotionnelles des shops permettent à tout ce microcosme de se rendre compte des progrès des autres et se motiver pour faire mieux la prochaine fois.
Un tissu professionnel développé
Lyon et sa région sont aussi un vivier de marques, principalement de planches. Que ce soit la marque « Doble » à Roanne, « Mute » à Grenoble ou encore « Antiz » à Lyon, ces entreprises locals ne sont que des PME mais occupent une place importante sur le marché français. Certaines, comme Antiz, sponsorisent des skateurs de toute l’Europe : Belgique, Suède, Espagne et Autriche, ce qui leur permet une représentativité à l’étranger. Mais on ne peut pas parler d’entreprise de skate lyonnaise sans évoquer la marque Cliché dont le siège est à Villeurbanne. Lancée en 1997 par Jérémie Daclin, skateboarder professionnel né à Lyon, elle a eu dès le départ une vocation européenne avec une signature sur ses produits qui est « Euro Skate Company ». Son team qui regroupait à l’origine des skateurs français et d’Europe de l’ouest s’est enrichit peu à peu d’un Américain, d’Australiens et d’un Finlandais et d’un Japonais. C’est aujourd’hui la première entreprise de skate en France et elle exporte en Europe et dans le monde entier, de l’Australie au Japon et à
Mais c’est bien Barcelone qui reste la destination privilégiée des skateurs du monde entier, telle
De bonnes relations avec la mairie.
A Lyon, c’est sur l’impulsion conjointe de la mairie et de l’Association pour le Développement du Roller, du Skate et du Bmx (ADSRB) qui compte aujourdh’ui plus de 3000 membres, que le skatepark de Lyon a été construit à Gerland. Il se compose donc d'une aire outdoor de
Néanmoins la situation à Lyon est bien meilleure qu’à Paris où les spots sont fermés les uns après les autres, comme récemment le Palais de Tokyo, surnommé le Dôme par les skateurs. De sucroît, Mr Delanoé semble rechigné à écouter les skateurs parisiens qui réclament depuis longtemps la construction d’un skatepark couvert dans Paris intra-muros, le plus proche étant à Chelles, en banlieue parisienne. Malgré l’action de l’association « Paris Skate Culture », la mairie de Paris sous prétexte de « manque de place » refuse de mettre en place un projet. Etrange, il semblait qu’il y avait de la place pour les JO en 2012.
Une couverture médiatique importante.
Au niveau de la représentation médiatique, Lyon est aussi très bien pourvu. Frédéric Mortagne, le réalisateur français qui s’exportent le mieux aux USA et qui a déjà réalisé des vidéos pour les plus grandes marques de skate US, ainsi qu’Olivier Chassignole, seul photographe français à avoir eu une photographie en couverture d’un magazine de skate US y résident. A Grenoble se trouve aussi le siège de la rédaction du magazine Freestyler, diffusé en France et en Belgique, qui assure une bonne exposition médiatique de la scène locale. Enfin, le site internet «skalpes.com » sert de lieu de rencontre, d’échanges et d’informations pour la scène skateboard de la région Rhône-Alpes.
Petit article paru dans le journal de mon école...dites moi ce que vous en pensez